Plus d'une centaine de professionnels du commerce spécialisé ont assisté le jeudi 1er décembre à la matinée spéciale supply chain sur le thème : "Comment optimiser sa performance financière et satisfaire la demande client?".
Témoignages clients et vues d'experts se sont succédés durant cette matinée.
Revivez les temps forts de cette matinée en lisant le compte-rendu ci-dessous !


La Supply Chain : au centre des préoccupations des commerces spécialisés
Le commerce spécialisé est à la croisée des chemins. Plébiscitée par les consommateurs, la stratégie « omnichannel » permet aux enseignes qui la maîtrisent de distancer leurs concurrentes. Elle suppose une présence simultanée sur tous les fronts, des magasins aux réseaux sociaux en passant par les smartphones. Ce faisant, elle complique singulièrement la tâche des responsables chargés de la définition des gammes, du sourcing, des mises en place et du réassort.
Dans le même temps, la crise financière accroît la pression sur les enseignes. Des ratios et une trésorerie sous surveillance les incitent à piloter plus finement leurs approvisionnements. « Dans les grandes entreprises, plus de la moitié des responsables financiers sont inquiets pour leur trésorerie et prévoient des problèmes dans les mois qui viennent », révèle Jean-Marie Lecomte, partenaire associé chez A2 Consulting. Or l'un des principaux leviers à leur disposition, dans ce domaine, se nomme « gestion des stocks » : l'optimiser permet d'agir à la fois sur la trésorerie de l'entreprise, son chiffre d'affaires et la satisfaction de ses clients.
En effet, il ne s'agit pas seulement de réduire les stocks pour faire baisser, de façon mécanique, le fameux BFR (Besoin en Fond de Roulement). Mais bien de déterminer leur niveau idéal à chaque instant et en chaque point de la chaîne pour améliorer la situation financière de l'enseigne tout en limitant les ruptures. Des ruptures qui, selon les spécialistes, entraînent des pertes annuelles de chiffre d'affaires de 6 à 9 % selon les secteurs…
Pour mieux satisfaire la demande – et donc fidéliser la clientèle –, pour gagner en réactivité sur l'offre et s'adapter aux aléas de la conjoncture, la supply chain focalise comme jamais l'attention des enseignes. Illustration avec trois acteurs clés du secteur textiles-chaussures.
Linvosges satisfait ses clients et son DAF
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Spécialiste du linge de maison, Linvosges réalise l'essentiel de ses ventes à distance, via son site et son catalogue papier. Elle exploite également 14 magasins en France et développe activement son réseau.
« Optimiser nos stocks est pour nous un souci quotidien qui influe non seulement sur les finances de l'entreprise, mais aussi sur sa performance commerciale et le niveau de satisfaction de ses clients », souligne Sébastien Hertz, directeur des achats et des approvisionnements.
Linvosges réalise toujours 80 % de son chiffre d'affaires via ses catalogues papiers. Or une particularité de ce support est qu'il ne permet pas au client final de savoir, lors de sa commande, si le produit est disponible. Les commandes traditionnelles permettent donc à la marque de connaître le « CA abandonné », autrement dit les ventes qui n'ont pu parvenir à leur terme faute de marchandise disponible.
En 2010, le CA abandonné était inférieur à 1% du chiffre d'affaires de Linvosges. S'y ajoutent les frais liés aux expéditions fractionnées (2 ventes sur 10 en moyenne). Dans ce cas, le client maintient son achat malgré une rupture et la marque réexpédie le produit à ses frais lorsqu'il est disponible. « Ce second envoi est très coûteux, note Sébastien Hertz. Il nous revient en moyenne à 6 € ».
Pour améliorer ses performances, Linvosges a implémenté la solution Yourcegid Retail, notamment les modules experts Demand Forecasting et Sourcing Optimisation en 2010. Ces nouveaux outils et les changements organisationnels qui les ont accompagnés ont produit leurs premiers effets en 2011 : le nombre de réexpéditions a chuté de 20 % et le pourcentage de CA abandonné a baissé de plus de 35%. Le tout, avec un niveau de stock au 31 décembre réduit de 10 %, soit 900 K€ à défalquer du BFR. Par les temps qui courent, une nouvelle de ce type ne peut que ravir le directeur financier (DAF) de l'entreprise.
Les 150 « usines » du groupe Royer
Le groupe Royer est le leader européen du négoce de chaussures. Ses 32 millions de paires vendues à l'année – marques Converse, New Balance, Kickers, Charles Jourdan, Aster, etc. – sont commercialisées principalement en circuit sélectif et en grande distribution.
Côté sourcing, environ 150 usines basées en Asie réalisent l'essentiel (environ 85 %) de la fabrication. Une telle complexité oblige Royer à employer 45 gestionnaires de commandes locaux répartis dans ses bureaux d'achats. Malgré cela, erreurs de commande, pertes d'information et « mauvaises surprises » subsistent.
Pour y remédier, le groupe a décidé l'an dernier de remettre son organisation à plat et d'adopter Yourcegid Retail Sourcing Optimisation. « Nous avons fait notamment un gros travail de description et de fixation des procédures, indique Gérard Le Roux, directeur de projet. Notre objectif principal était la sécurisation des délais de livraison ».
La gestion de l'information est bien souvent au cœur du problème. Une organisation basée sur l'envoi de mails et leur confirmation par téléphone ne permet pas toujours, par exemple, d'identifier assez tôt les commandes perdues. « Il n'est pas rare de s'apercevoir du problème au dernier moment, c'est-à-dire lors de l'expédition du container, témoigne Gérard Le Roux. L'information s'est perdue, la commande n'a pas été traitée mais personne ne s'en est aperçu ». La nouvelle organisation permet précisément d'éviter ce type de problème…
Yourcegid Retail Sourcing Optimisation est en cours de déploiement auprès des gestionnaires de commande Royer. Les premiers effets du système se feront donc ressentir sur la saison printemps-été 2012. En attendant, le groupe dispose déjà d'une information capitale : le taux de charge, en temps réel, des 150 usines travaillant pour lui.
Caroll vend plus avec moins de stock
En magasin aussi, la gestion des stocks est une tâche délicate. S'approcher au mieux des besoins de chaque point de vente pour éviter ruptures et surstockage est une mission complexe impliquant de multiples paramètres. L'enseigne Caroll (groupe Vivarte) en sait quelque chose : ses 450 magasins sont très différents les uns des autres, à la fois par leur taille – de 40 à 350 m2 –, leur situation géographique – centre-ville ou centres commerciaux –, et enfin leur mode d'exploitation – succursales, affiliation ou corners.
Pour optimiser mises en place et réassorts, la chaîne s'est dotée cette année de la solution Yourcegid Retail, et plus particulièrement du module expert Advanced Replenishment. Le système détermine un stock idéal propre à chaque point de vente et à chacune des 1000 à 1200 références qui composent la collection. La situation géographique du magasin, ou encore son implantation en centre ville ou centre commercial est prise en compte. Toutefois, chez Caroll, les gestionnaires « appros » gardent la main et ce sont eux qui valident ou non, au final, les propositions du système.
Yourcegid Retail Advanced Replenishment systématise ce qui était jusqu'à lors empirique. Un algorithme commun à toutes les références propose les stocks idéaux, ce qui simplifie la tâche des gestionnaires et leur permet ensuite de se concentrer sur les « succès » de la collection et les modèles moins performants que prévu. Le réassort s'effectue ainsi en temps réel et il devient plus facile de corriger le tir. « L'objectif final est de vendre davantage avec un niveau global de stock inférieur », résume Sylvie Colin.
Naturellement, cette démarche peut difficilement s'appliquer en l'état sur « l'actualisation », ces modèles ponctuels qui viennent compléter l'offre chaque semaine et animer du même coup les magasins .Et s'il est encore tôt pour dresser un bilan chez Caroll, le réassort en temps réel, tout comme la démarche collaborative avec Cegid qui a présidé à sa mise en place, donnent à la chaîne des armes d'une redoutable efficacité.
Réduire les délais sur l'actualisation
Actualiser régulièrement son offre avec des références éphémères, destinées à renouveler l'intérêt des consommateurs. La plupart des chaînes textiles pratiquent l'exercice. « Les meilleurs dans ce domaine sont ultra-réactifs, avec des délais entre conception des produits et mise en marché inférieurs à 30 semaines », indique Laurent Thoumine, du cabinet Kurt Salmon. Les délais habituels sur le saisonnier sont plutôt de 40 à 45 semaines. Cependant, les produits ayant des cycles de mise en marché court ont un volume de démarque bien plus faible que ceux basés sur des cycles longs. Pour parvenir à des circuits courts, deux impératifs : dédier des moyens humains à l'actualisation et passer au sourcing local.