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Par Emmanuel Costa, Localization Manager, Cegid.
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Ouvrir des points de vente dans d'autres pays, sur d'autres continents. Pour la quasi-totalité des enseignes, c'est devenu un passage obligé. Mais aussi un défi, plus difficile à relever que jamais. Il faut se conformer à un cadre légal, adapter son offre et ses magasins au contexte économique local, être réactif pour profiter des opportunités. Le tout, sans perdre son âme, c'est-à-dire sans renier ce qui rend la marque ou l'enseigne reconnaissable entre toutes.
La solution de gestion mise en place dans chaque pays répond aux mêmes impératifs. Elle doit s'adapter aux règles, aux usages, aux utilisateurs locaux tout en restant, dans son ensemble, cohérente. Elle doit être fiable, rapide à mettre en oeuvre et facilement connectable aux systèmes d'information locaux. C'est tout l'enjeu de la localisation. Et pour gagner en efficacité, une idée fait son chemin : faire travailler ensemble, dès les prémices, les responsables opérationnels de l'enseigne, l'équipe SI et l'éditeur de la solution. Objectif : mener conjointement le projet d'implantation dans le pays et la conception de la solution.
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Un contexte légal de plus en plus strict
La globalisation est loin d'avoir gommé les spécificités culturelles et les habitudes de consommation locales. Faire commerce à Bombay ou São Paulo demeure une expérience particulière, différente en bien des points d'une vente effectuée à Paris ou à Milan. Pourtant, il est un domaine où les différences tendent à s'estomper : celui de la réglementation commerciale.
Partout ou presque, les gouvernements multiplient les règles destinées à mieux contrôler les transactions, améliorer le recouvrement des taxes et impôts et réduire les flux d'argent occultes. Cette tendance se manifeste autant dans les pays émergents que dans les pays matures tels que ceux de l'Union Européenne. Au Portugal, par exemple, un décret entré en vigueur en 2011 oblige les entreprises commerciales à utiliser des logiciels de facturation homologués par la Direction des Impôts (voir encadré).
Parallèlement, le respect des droits des consommateurs en général et de leur vie privée en particulier est un souci de plus en plus partagé par les autorités. La Russie en est un bon exemple : elle oblige les opérateurs, depuis 2007, à se déclarer auprès d'un organisme officiel comparable à notre CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés), à obtenir l'accord écrit des individus pour utiliser leurs données personnelles, ou encore à interrompre les opérations puis détruire les données sur simple demande. La réglementation destinée à protéger les consommateurs a même été renforcée l'été dernier.
Contrairement aux pionniers, les pays qui souhaitent rattraper leur retard dans ces domaines vont directement au stade ultime sans passer par les étapes intermédiaires. Il faut donc être capable, d'emblée, d'intégrer une législation complexe. Et en matière fiscale, une réforme comme celle entreprise au Portugal ne se gère pas avec quelques applicatifs développés pour la circonstance : elle touche au coeur du système de gestion commerciale. Pour réussir à l'international, les enseignes n'ont donc plus d'autre choix que d'anticiper.
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Portugal : des logiciels très encadrés
Depuis un an, impossible d'exploiter des magasins au Portugal sans logiciel de gestion homologué. Une conséquence du décret « Portaria n° 363/2010 », entré en vigueur début 2011. C'est la Direction Générale des Impôts qui accorde le précieux « tampon », en vérifiant notamment que le système permet d'exporter les données fiscales selon un format préétabli, d'identifier et tracer les tickets de caisse via une signature numérique, ou encore d'interdire la modification de données après coup.
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Spécificités locales : une grille de lecture commune
Un projet d'implantation à l'international est, par nature, complexe. Il faut solliciter des experts locaux – fiscalistes, spécialistes de l'immobilier commercial, du marketing, etc. – officiant chacun dans leur domaine et pas toujours habitués à communiquer entre eux. D'où l'intérêt, pour lister les spécificités du pays visé, de recourir à une grille de lecture.
Le premier mérite de cette grille est de limiter au maximum les oublis pendant la phase initiale du projet. Différentes rubriques et sous-rubriques sont à considérer :
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Spécificités organisationnelles : alphabet et langue de travail, horaires d'ouverture, règles de transport dans le pays, etc.
- Spécificités techniques : matériel d'encaissement, interfaces, environnement technique, etc.
- Spécificités fonctionnelles en centrale : référentiel produit, conditions d'achat, gestion des stocks, etc.
- Spécificités fonctionnelles en magasin : gestion des ventes,service client, CRM, etc.
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Chacun de ces items est soumis à des contraintes légales et/ou des attentes particulières du marché. En Russie par exemple, la gestion des marchandises en centrale s'accompagne de procédures particulières : les bordereaux de livraison provenant des fournisseurs ne doivent pas seulement mentionner la quantité commandée, mais également celle que le fournisseur déclare avoir expédiée et celle que le distributeur réceptionne à l'arrivée. Objectif pour le gouvernement : mieux contrôler les flux de marchandises pendant la phase d'acheminement.

Dans un genre différent, difficile de mettre en place un programme de CRM en Corée sans y intégrer le calendrier lunaire local. Utilisé par une frange importante de la population, il rythme les événements de la vie quotidienne, anniversaires en tête.
Côté facturation du consommateur final, enfin, le Mexique a systématisé ces dernières années la facture électronique, y compris pour les transactions classiques en magasins. Le client est invité à laisser une adresse mail à laquelle le commerçant lui envoie, en plus du ticket de caisse, une facture dématérialisée en bonne et due forme. Cette procédure est obligatoire depuis 2010 pour les montants supérieurs à 2 000 pesos (environ 110€). Une façon comme une autre d'habituer les consommateurs à recevoir, puis à exiger, une trace écrite et détaillée de leurs achats. À moins que l'on ne préfère, comme à Taiwan, les y inciter par un système de loterie (voir encadré)…
On le voit, en matière de commerce, chaque pays conserve ses us et coutumes. Utiliser une grille de lecture unique permet néanmoins de distinguer certaines préoccupations et démarches communes, qui transcendent les différences locales. Un constat qui, au moment de définir l'architecture du système de gestion, peut s'avérer précieux.
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Taiwan et son « lucky number »
Les Chinois sont réputés pour leur goût des loteries et jeux d'argent. Malin, le gouvernement taiwanais utilise ce penchant pour limiter les transactions « de la main à la main ». La réglementation impose sur chaque ticket de caisse la présence d'un numéro unique, dit « numéro de GUI » (l'acronyme de Government Unified Invoice), déclaré et conforme au système de numérotation en vigueur. Tous les deux mois, une loterie d'Etat permet au porteur du ticket tiré au sort de gagner une importante somme d'argent. Les consommateurs ont donc tout intérêt à exiger et conserver les tickets en question.
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Un canevas universel… mais souple
Si les contraintes légales et de marché peuvent diverger d'un pays à l'autre, les objectifs qui les sous-tendent sont souvent les mêmes. La transparence des transactions, le respect accru des règles fiscales figurent, on l'a vu, parmi les priorités de nombreux gouvernements. Côté enseignes, les objectifs de fidélisation de la clientèle ou d'accroissement des marges sont partagés par la plupart des entreprises.
L'expérience engrangée dans tel pays ou telle entreprise peut donc servir ailleurs. Et c'est le rôle d'une solution de gestion magasin de permettre de tels transferts d'expérience, de dégager des règles communes pour accélérer et fiabiliser le démarrage de l'activité dans le pays.
Pour favoriser l'orthodoxie fiscale, par exemple, une solution de gestion doit idéalement présenter les caractéristiques suivantes :
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Des accès aux fonctions critiques du logiciel verrouillés
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Des transactions signées avant leur enregistrement
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Une identification impérative des clients finaux
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Une dématérialisation des factures clients
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Des déclarations de taxes automatisées
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Ces règles ne sont pas appliquées en l'état dans tous les pays. Le plus souvent, le contexte légal et concurrentiel oblige à en retenir certaines et à ignorer les autres. En outre, la façon dont on les applique varie. La méthode retenue pour identifier les clients finaux n'est pas la même au Mexique et en Pologne. Même chose, dans un autre registre, pour le cryptage des données de caisse : chacun a sa méthode. Pourtant, le but est presque toujours le même : limiter la fraude en interdisant l'annulation ou la modification de transactions après coup. Et une solution qui prévoit d'emblée, dans son architecture, l'intégralité de ces règles est plus facile à adapter à chaque pays et à chaque client. Elle est également, au final, plus fiable qu'un empilement d'applicatifs créés et rajoutés au gré des besoins.
En intervenant auprès de son client dès les premiers stades du projet, l'éditeur de la solution peut l'accompagner, le faire bénéficier des « expériences croisées » et surtout adapter pas à pas sa solution aux besoins.
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Et le cross-channel dans tout ça ?
La multiplication des canaux et la généralisation du commerce électronique abolit peu à peu les frontières. Mais elle modifie également en profondeur les attentes des clients, notamment en matière de services. En ouvrant des magasins en Pologne, il faut s'attendre à voir des clients russes venus faire leurs emplettes à Varsovie, désireux de récupérer leurs achats à Moscou. Difficile de fournir un tel service avec des systèmes de gestion cloisonnés, spécifiques à chaque pays.
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Comment mettre la partition en musique ?
Implanter une marque ou une enseigne hors de son pays d'origine, en faire un acteur durable du paysage commercial local. Cette tâche, on l'a vu, suppose de tenir compte d'une multitude de spécificités. Mais elle implique également un dialogue personnalisé avec le consommateur final, quelle que soit sa nationalité : sans renier ses racines, la marque doit lui donner le sentiment qu'elle est là pour LUI, en tant qu'individu. C'est là le véritable enjeu de la localisation, son objectif ultime.
Pour entretenir ce dialogue avec les consommateurs, la marque doit s'en donner les moyens. Elle doit être capable, sur quelques références emblématiques au moins, d'adapter son offre produit sans se renier. À Bombay par exemple, la cliente indienne fréquentant la boutique d'une marque de luxe hexagonale vient y chercher le style et les motifs qui ont fait la renommée de cette marque. Pour autant, elle n'est pas prête à tirer un trait sur ses habitudes vestimentaires. Un sari conçu spécifiquement pour elle par les stylistes maison la séduira bien davantage qu'une collection transposée intégralement en l'état.
Ce qui vaut pour l'offre produit vaut tout autant pour les services, les modes de paiement, la relation client, etc. Et dans ces domaines, la solution de gestion déployée à l'international doit faciliter la tâche des opérationnels. Une base de données client centralisée mais capable de gérer les données propres à chaque pays – double adresse en deux langues, calendrier spécifique évoqué plus haut, etc. – rendra ainsi possibles des initiatives pertinentes en matière de CRM.
Plus fondamental encore, la faculté de la solution à être rapidement mise en oeuvre dans le pays, à nécessiter un minimum de configuration ou de développement, permet aux opérationnels de se concentrer sur l'essentiel. Une telle faculté d'adaptation est permise par une architecture à la fois globale et souple – le « canevas » évoqué dans le chapitre précédent – et par tout le travail d'analyse, de recueil d'informations locales, de questionnement mené dès l'amont par l'éditeur et son client :
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1. L'application du Core Model, autrement dit du coeur de la solution implémentée pour un client à un pays donné, est nettement plus rapide lorsqu'elle consiste à puiser dans une vaste bibliothèque de fonctions « métier » alimentée au préalable par l'éditeur.
2. Le développement des adaptations est plus simple et plus pragmatique lorsqu'éditeur et client travaillent de concert dès les premières phases du projet
3. Le déploiement de la solution est moins risqué si l'éditeur dispose déjà, sur place, de partenaires et distributeurs locaux.
4. En phase d'exploitation, la maintenance et l'assistance sont plus efficaces avec des solutions localisées, mais cohérentes d'un pays à l'autre.
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Démontrer aux collaborateurs et aux consommateurs, dans chaque pays, que l'enseigne répond à leurs besoins propres… tout en apportant aux premiers l'efficacité et aux seconds une expérience d'achat inédite. Cette équation à plusieurs inconnues résume à elle seule les enjeux de la localisation.
Yourcegid Retail born International
Les solutions Yourcegid Retail sont conçues pour améliorer la compétitivité, la productivité et la rentabilité des entreprises du commerce spécialisé. Plus de 1 000 enseignes et 20 000 magasins utilisent Yourcegid Retail quotidiennement partout dans le monde – Yourcegid Retail étant disponible en plus de 25 langues, unicode, multitaxe, multidevise et localisée pour répondre aux spécificités de plus de 70 pays.
À propos de Cegid
Groupe international, Cegid est le premier éditeur français de progiciels de gestion et de solutions métier dédiés à la performance des entreprises et à leur développement. Le groupe compte plus de 2 000 collaborateurs et un chiffre d'affaires de 249,6 M€ en 2010. Directement implanté à Paris, New York, Barcelone, Madrid, Milan, Londres, Casablanca, Shenzhen, Shanghai, Tokyo et Hong Kong, Cegid s'appuie aussi sur un réseau de partenaires certifiés dans le monde entier.
Plus qu'un éditeur de solutions de gestion, Cegid, de par son maillage international, est un partenaire expert – et accompagne ses clients dans l'ensemble de leurs projets internationaux, des études initiales jusqu'au déploiement et au support client « follow the sun - 24/7 ».