Les entreprises souhaitent avant tout disposer d'une vision globale de leur activité. En la matière, les technologies de l'information leur ont ouvert de nouvelles perspectives mais ne les dispensent pas de définir précisément leur stratégie.
Les ERP doivent s'adapter aux entreprises
Cette règle est connue mais elle reste particulièrement bien adaptée à l'évolution des systèmes d'information des entreprises : la solidité d'une chaîne est égale à celle de son maillon le plus faible. Pourquoi la rappeler ? Parce qu'il est nécessaire de faire appel à une multitude de logiciels pour obtenir une vision globale de l'activité d'une entreprise et qu'il est d'abord apparu pertinent de réunir les applications réputées comme les meilleures dans chaque domaine. La méthode, appelée « best of bread » en anglais, a mobilisé les services informatiques au cours des années 90.
En l'occurrence, il serait vain de mettre en cause la qualité intrinsèque de chacun des applicatifs. Tous, isolément, pouvaient effectivement afficher des performances remarquables. Rapidement, il est toutefois devenu évident que l'ensemble des informations ainsi recueillies n'était pas lisible.
Comme souvent, le « retour de balancier » a été brutal. Sans doute trop. Les premiers progiciels de gestion « intégrés » étaient ainsi censés couvrir tous les domaines de façon coordonnée, quitte à « brutaliser » les organisations et les méthodes de travail. Ce qu'ils n'ont pas manqué de faire. En résumé, c'était aux entreprises de s'adapter aux ERP, et non l'inverse. Cela ne pouvait pas durer.
Des « faux intégrés » aux « intégrés modulaires »
Où en sommes-nous ? Depuis le début de la décennie, les responsables informatiques ont organisé l'échange de leurs « meilleures pratiques », ce qui leur a notamment permis de préciser leurs attentes vis-à-vis des ERP.
- Le premier constat, c'est que ce n'est pas aux ERP de dicter l'organisation des entreprises.
- Le second, c'est la définition de la stratégie doit justement être un préalable au déploiement d'un ERP.
Le choix d'une solution informatique doit donc être la suite logique d'une démarche structurante, qui concerne en premier lieu les processus et les flux d'informations. En d'autres termes, un outil informatique, quelle que soit sa qualité, ne peut palier une absence de stratégie.
A l'inverse, la demande s'oriente vers des ERP « modulaires », qui offriraient dans le même temps le même niveau de performance que chaque composant des « best of ».
Est-ce trop demander ? Non, à condition que les éditeurs d'ERP apprennent l'humilité. Dans ce cas précis, l'humilité consiste à tenir compte de l'existant, à garantir l'interopérabilité avec des progiciels complémentaires, qu'ils soient propriétaires ou non et à ne pas imposer une formule monolithique qui s'apparente souvent à un « big bang » pour les entreprises.
Il ne faut pas confondre « structurant » et « contraignant ». L'opposition est bien plus que sémantique : les enjeux concernent à la fois le rythme des déploiements, l'indispensable qualité des données ou la prise en compte des processus métiers.