Rapidité de déploiement, sécurité accrue, simplicité d'utilisation, maîtrise des coûts, accessibilité, ou encore évolutivité, les bénéfices du Cloud Computing sont nombreux et séduisent de plus en plus.
Si le secteur privé a donné le ton en adoptant massivement ce nouveau modèle, le secteur Public, quant à lui, l'examine de très près notamment à travers le SaaS (Software as a Service), à savoir le service Cloud de location d'applications logicielles accessibles à la demande au travers d'internet et facturées en fonction de la consommation.
Les bénéfices du Cloud Computing et du SaaS apportent en effet une réponse concrète aux enjeux des établissements et des collectivités publics en quête de modernité et d'efficacité dans une époque régie par des contraintes économiques fortes.
Ce sont donc d'ores et déjà plusieurs collectivités territoriales qui ont franchi le pas en adoptant le modèle SaaS et qui ont pu ainsi s'affranchir des contraintes financières et techniques du modèle standard (ou « on premise »).
Le recours au Cloud Computing par le secteur Public dans les années à venir ne devrait pas faiblir mais plutôt s'accélérer notamment avec la mise en place de la réforme territoriale pour laquelle le SaaS apparaît comme une évidence.
Pourquoi le SaaS séduit le secteur Public ?
Depuis plusieurs années, les élus et les responsables informatiques des établissements publics et des collectivités locales examinent attentivement l'accès aux progiciels délivrés en mode SaaS (Software as a Service). Le secteur public est en effet très sensible aux arguments du SaaS comme la rapidité de déploiement ou la fourniture de services clé en main comprenant la gestion des infrastructures, l'exploitation informatique, la maintenance des logiciels ou encore les mises à jour réglementaires. Grâce au SaaS, les établissements publics se déchargent des contraintes informatiques pour un budget totalement maitrisé, sans coût caché. Souvent démunis de service informatique, ces organisations accèdent ainsi facilement à un service de qualité qu'il leur aurait été difficile ou coûteux de mettre en place avec une solution « on premise », installée dans leurs locaux et maintenue par leurs équipes.
Le SaaS apparait donc particulièrement bien adapté aux petites structures qui pourront rapidement accéder à une informatique de pointe pour un coût raisonnable sans investissement initial et limité à un loyer mensuel tout compris. Un argument qui pèse lourd, à une époque où les collectivités ont été amenées, notamment avec la crise, à revoir au plus près leurs budgets de fonctionnement et où l'accès au crédit peut être aléatoire.
Un enjeu fort : accompagner les changements d'organisation des collectivités
La réforme des collectivités territoriales, en cours de déploiement, et qui redessine le maillage de la gouvernance locale devrait accélérer l'enjeu de mutualisation pour le secteur Public, et renforcer davantage la valeur ajoutée du SaaS.
Cette réforme qui prévoit la fusion des 5 660 conseillers généraux et régionaux en 3 471 conseillers territoriaux oblige en effet à réorganiser les compétences obligatoires en matière de services sociaux, voirie, collèges et lycées, et favorise l'accroissement de l'intercommunalité. Les services supports (financiers, ressources humaines, informatique...) en sont de facto impactés car en réorganisant les compétences, la réforme des collectivités territoriales entraîne des modifications porteuses d'échanges nouveaux et de communication accrue entre des agents éparpillés dans différents services et différents lieux.
Ces changements ne peuvent s'envisager sans une évolution du système d'information.
Ce dernier doit devenir central afin d'être facilement accessible par tous les services opérant pour la communauté de commune et permettre la mutualisation des efforts, des moyens et des ressources. Il doit également garantir la sécurité des accès et la confidentialité des données. Il nécessite donc une infrastructure de pointe que seul un fournisseur spécialisé peut offrir.
C'est pourquoi les collectivités s'intéressent au mode SaaS. Dans ce modèle, les applications sont en effet hébergées sur une plateforme hautement sécurisée entièrement opérée par l'éditeur. Les différents utilisateurs (par exemple les agents des organisations membres d'une même communauté de commune) accèdent en ligne et en toute sécurité à leur application d'où qu'ils soient et à tout moment. Les collectivités n'ont plus à se soucier des infrastructures ni de leur évolution dans le temps. Même si la structure et l'organisation des communautés de communes changent (mouvements géographiques, nouveaux agents, modification de gouvernance etc…), l'éditeur se charge des adaptations nécessaires et le service reste disponible.
Un service tout compris et des risques limités
En mode SaaS, la collectivité paie une redevance mensuelle. Il n'y a pas de coût caché, puisque l'abonnement comprend tous les services associés.
L'éditeur se transforme en opérateur de services, il devient le prestataire unique capable de répondre à l'ensemble des problématiques. Il fournit des applications pré-paramétrées et prêtes à l'emploi, s'occupe des mises à jour et s'engage d'une part sur le suivi des évolutions réglementaires mais aussi sur un niveau de service global comme les taux de disponibilité ou la fréquence des sauvegardes. C'est donc une garantie supplémentaire pour la collectivité qui limite ainsi le risque.
Les risques contractuels sont également limités puisque la collectivité a un droit de réversibilité : si un établissement change d'orientation, il peut résilier le contrat et récupérer ses données pour ré-internaliser la solution logicielle.
Une réforme à mettre en place, un contexte économique difficile, des ressources humaines à optimiser, autant d'arguments qui engagent les collectivités à s'interroger sur le mode de consommation de leur système d'information. En tout état de cause, un sujet qui les passionne et qui engage bien des discussions même au plus haut niveau. Pour preuve, l'intérêt porté par l'Etat à travers le grand emprunt qui place le Cloud Computing comme un enjeu National. Le secteur Public a donc véritablement engagé sa révolution Cloud qui devrait sonner le début d'une ère nouvelle résolument tournée vers l'avenir.
*A propos de la réforme territoriale
Adoptée le 09 Novembre 2010, la réforme prévoit la fusion des 5 660 conseillers généraux et régionaux en 3 471 conseillers territoriaux, siégeant au niveau départemental et régional, et l'accroissement de l'intercommunalité : toute commune doit désormais intégrer une communauté de communes.
Ce changement de périmètre de leurs activités s'accompagne de mouvements humains. L'un des objectifs de la réforme étant d'abaisser le coût de fonctionnement, la pression est forte pour diminuer les coûts généraux et profiter du grand nombre de départs à la retraite des prochaines années en optimisant les compétences.